Notre association a été créée en 2004 par un groupe de personnes suite à deux motivations principales :
1) Nous avions tous la conviction que si certaines conditions étaient respectées, la relation entre les hommes et les animaux pouvait être bénéfique pour les hommes et fructueuse aussi pour les animaux impliqués, si on prenait soin de ne jamais réduire l’animal à un outil ou un instrument quelconque

2) Certains d’entre nous travaillaient en psychiatrie, dans des unités d’admission entre autres. A de nombreuses reprises, nous avons dû assister impuissants à la douleur de personnes « placées » (à l’époque, on disait « internées »), qui, déjà traumatisées par leur propre hospitalisation forcée, imaginaient avec désarroi ce qu’allait endurer leur animal de compagnie, resté seul à la maison : comme eux, il allait être emmené de force quelque part. Comme eux, il allait être placé dans un milieu institutionnel inconnu, parmi d’autres subissant le même sort et devant se plier à des règles qui n’ont souvent malheureusement comme sens que leur fonctionnalité.
Ces patients – nous étions professionnels de la santé – négligeaient parfois complètement leur propre état de santé et étaient incapables de se projeter dans l’avenir d’une façon quelconque parce que leur esprit était tourné vers leur animal et son devenir : allait-il bien ? était-il au moins encore en vie ? allaient-ils le récupérer, malgré leur séjour en psychiatrie ? et si le traitement était long, qu’est-ce qui se passerait ?

De toutes ces réflexions est née la volonté de donner à ces personnes la possibilité de nous confier leur animal de façon volontaire, en leur donnant la certitude qu’ils allaient le récupérer, même si leur séjour en hôpital serait long.
Nous étions conscients que nous ne pourrions jamais réaliser nos objectifs sans investir du travail bénévole.
Notre nom était initialement : « Recherche En Thérapie et Éducation Assistées par l’Animal » mais avec les années, nous avons élargi notre champ d’intérêt et tout en gardant le nom « RETAA » nous sommes devenus une association « de recherche et d’études dans le domaine des relations entre les hommes et les animaux ».
Nous comptons parmi nos membres des professionnels et non-professionnels, travaillant tous de façon bénévole.
Nous avons pour le moment une vingtaine de membres et notre financement est garanti par :
– Des dons de personnes privées
– Des subsides (pour notre journée annuelle et pour des projets particuliers, dont la traduction de la petite brochure « Moie Mupp ») du Ministère de l’Agriculture et la Viticulture et du Développement Rural
– Des subsides de l’Administration Communale d’Ettelbruck
– D’une participation aux frais individualisée des bénéficiaires de nos services

PHILOSOPHIE DU BÉNÉVOLAT DANS LE CADRE DE RETAA
Je pense que mes collègues de RETAA s’accorderaient avec moi pour décrire la façon dont nous considérons le bénévolat :
– Le bénévolat, c’est tout autre chose que du travail « gratuit »
– C’est différent de ce qu’un professionnel ou les proches peuvent apporter
– L’engagement bénévole est important : il doit être considéré et respecté, autant pour le bénévole que pour le bénéficiaire. Il est d’autant plus bénéfique que sa considération est réelle.
– Dans une institution (virtuelle ou physique), il doit être bien intégré pour fonctionner de façon optimale : il doit donc être encadré correctement
– Il ne remplace rien d’autre. C’est une activité qui a sa qualité propre
– Le bénévole donne son temps et son investissement – ce qui n’empêche pas que ses frais lui soient remboursés (frais de route ou autres…)

RETAA : QUEL BÉNÉVOLAT ?
Au sein de notre association, le bénévolat est de deux ordres :
1) Les personnes qui investissent leur temps pour faire fonctionner l’association. C’est comme dans toutes les autres associations : travail de secrétariat, de trésorerie, d’organisation d’évènements (notre journée annuelle est alternativement constituée de présentations de projets concrets et de journée plus scientifiques, avec des invités qui peuvent nous en apprendre sur la relation entre les hommes et les animaux).

Cependant, tout ce travail est fait en fonction des objectifs et de la philosophie de l’asbl, ce qui nécessite de partager cette dernière. Chacun s’investit selon ses possibilités et ses disponibilités. Nous n’aurions jamais pu fonctionner plus de 15 ans sans tout cet investissement

2) Il y a ensuite l’autre bénévolat, qui est plus particulier et constitue un pilier de notre association : il s’agit de la prise en charge des animaux de compagnie de personnes isolées socialement ou affectivement qui doivent s’absenter de leur domicile pendant une assez longue période pour des motifs thérapeutiques ou sociaux.
Vous constatez que notre objectif s’est élargi :
– au début, nous aidions des personnes hospitalisées en
psychiatrie, maintenant, nous sommes contactés aussi pour
des personnes qui ne sont jamais passées par la psychiatrie,
mais vivent seules, sans contacts, sans personne à qui
confier leur animal en cas de besoin
– Nous sommes confrontés à des cas sociaux ou même autres
. ex. : jeune homme devant purger une peine de prison
. ex. : épouse victime de sévices de la part de son époux
Nous n’avons pas de règles strictes quant aux cas que nous
acceptons ; nous nous concertons et décidons au cas par cas.
Par contre il y a des cas que nous refusons d’office
. lorsque les moyens du propriétaire (financiers ou autres) ne
suffisent pas à garantir le bien-être de l’animal ou des
animaux concernés. Nous considérons alors qu’il s’agit d’un
cas pour la protection animale (ex. : cas de « animal
hoarding », syndrome de Noé, qui consiste à prendre
en charge un grand nombre d’animaux sans pouvoir en
prendre soin)
. lorsqu’il y a abus ou instrumentalisation de l’animal (ex. :
un personne changeait souvent de chiot ; nous avons
refusé d’aider)
. cas de personnes ne voulant pas trop dépenser en plaçant
leur animal en pension

Idéalement, nous sommes contactés par l’intermédiaire de professionnels qui nous connaissent déjà :
– tuteurs légaux (asbls)
– assistant(e)s sociaux(les) de secteur ou d’hôpitaux
– psychiatres, psychologues de centres de santé mentale,
– infirmiers de services hospitaliers ou ambulatoires
…ou alors directement par les personnes concernées, par le bouche-à-oreille.

Les animaux pris en charge ne sont plus toujours des chats ou des chiens, mais aussi des rats, des cochons d’Inde, hamsters, oiseaux, lapins..

Les bénévoles qui prennent en charge les animaux viennent de tous les horizons. Le profil de ces bénévoles:
– Être flexible : parfois les prises en charge ne peuvent pas être préparées à l’avance. La durée de la prise en charge non plus n’est pas toujours facile à déterminer à l’avance (cures longues, rechutes…de la personne à prendre en compte)
– Être honnête : doit dire clairement ce qu’il peut ou non prendre en charge ou non. Cela facilitera notre travail. La bonne volonté ne suffit pas
– Être un peu tolérant : les animaux ne sont pas toujours vaccinés ou bien tondus (nous nous en chargeons par la suite……). Par contre nous n’avons jamais eu d’animaux mal éduqués ou agressifs ou négligés. Au contraire, ils sont toujours très proches (trop proches ?) de leur maître, et donc anxieux lors de la séparation (gare aux tentatives de fuite). Mais dans tous les cas, leur comportement a toujours été correct vis-à-vis des humains (ils ont une relation à leur maître et vice-versa)
– Être conscient que son rôle se limitera à prendre en charge l’animal, sans juger le maître ou sa façon de vivre (aider le maître, c’est le job des professionnels qui s’occupent de lui, pas le nôtre). Avec le temps, nos bénévoles se sont bien sûr « spécialisés » dans leurs prises en charge : nous savons assez vite à qui nous adresser pour quelle situation (ex. : une membre travaille toute la journée, elle prendra des chats quand ils sont à deux). Une autre ne prend que des rongeurs, etc….
– Être ouvert à la critique (pour autant qu’elle ait pour but d’améliorer la qualité du service rendu)
Cependant ces prises en charge sont basées aussi sur l’entraide : si un bénévole a besoin d’aide, un autre intervient bien sûr pour prendre l’animal. Nous essayons cependant de limiter au plus strict le nombre de personnes impliquées, pour le bien de l’animal.
L’expérience nous a montré qu’il vaut mieux que l’intermédiaire entre le propriétaire et l’animal ne soit pas le bénévole, mais une autre personne ; le contact avec le maître est maintenu et est très important. C-à-d prendre des infos par rapport à l’animal, des fotos si désirées, et aller voir le propriétaire ou rester en contact téléphonique avec lui pour le rassurer en restant fidèle à la réalité. Cette tâche nécessite beaucoup de doigtée, car toute relation – donc aussi celle de l’homme à l’animal – est chargée d’ambivalence :
Si l’animal survit sans problème à la séparation d’avec son maître, cela veut-il dire qu’il n’a pas besoin de lui pour vivre, que donc il peut être placé chez n’importe qui ? Le maître lui pensait peut-être que l’animal avait besoin de lui pour vivre (« mon animal a besoin de moi, je dois guérir pour lui »). Quelle sera la réaction du maître si l’animal continue à se porter bien ? Il pourra réagir de façon dépressive….(ex. : une dame réalisant qu’après plusieurs mois son chat allait bien loin d’elle a hésité à le reprendre, pensant qu’il l’avait « remplacée »). Un accompagnement proche devra donc être de rigueur.

Les cas que nous rencontrons sont tellement différents que nous ne pouvons pas mettre sur pied un « groupe » de bénévoles qui puisse se rencontrer pour échanger, alors que ce serait vraiment une bonne chose. En attendant, l’encadrement se fait de façon individualisée. Nous avons des difficultés à recruter des bénévoles, probablement parce qu’il s’agit d’une activité comportant souvent des inconnus (le profil des animaux diffère, la durée de la prise en charge aussi…..).
Nous n’avons à ce jour pas rencontré de très gros problèmes avec les bénévoles ; tous ont pris les animaux en charge de la meilleure façon qu’il leur était possible. Un bon nombre malheureusement ne fait plus de bénévolat pour nous : l’activité leur a plu, mais ils ont préféré se tourner vers un secteur où l’activité est plus prévisible (p.ex. développer une pension pour animaux). A noter que nous avons toujours défrayé les bénévoles pour leurs frais, et pour la plupart aussi avec un minimum forfaitaire. Nos activités sont donc tributaires des dons que nous recevons…..
Parfois, nous ne pouvons pas trouver de bénévole pour un animal ; là, nous avons quelques pensions privées, qui nous donnent un coup de mains…..mais cela revient bien sûr très cher pour nous.

Tous les cas que nous avons rencontrés étaient particuliers ; toutes les relations que des hommes avec leurs animaux ont sont particulières.
Nous avons fait le choix de les respecter et de maintenir ce lien autant que possible, à condition bien sûr qu’aucun des deux n’en pâtisse.

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Merci
RETAA asbl
B.P.247
L-9003 ETTELBRUCK
IBAN LU46 1111 2319 4114 0000